Bon ben les gars, ça y est, j’ai fait mon premier vol de l’année.

Comme Open Flyer me rappelait à chaque consultation que je manquais d’expérience après 60 jours d’abstinence, j’ai décidé de faire ça avec un DR400.

J’ai une préférence pour l’Oscar Victor car il est plus stable à haute vitesse en tangage que le Yankee X Ray et qu’il a plus de chevaux vapeurs. Mais il était au fond du hangar tout engourdi de froideur.

A côté, le Yankee était encore tiède de son vol du matin. Aller hop, ce sera lui.
Putain, qu’est-ce que ça caille ! Ne fait pas un temps à mettre une gagneuse dehors, sauf peut-être avec une bougie de préchauffage…

J’ai bien pris mon temps pour me refamiliariser avec le tableau de bord et les différentes commandes. Une fois que je me suis senti comme à la maison, j’ai mis en route. Petite réchauffe du précieux métal et décollage. Mise en lisse en bout de piste et montée douce vers 700ft pour aller faire un rond ou deux histoire de surveiller le secteur.

Qu’est-ce qu’il va bien cet avion ! Il est doux, obéissant, pas bruyant, bref comme une régulière idéale quoi !

N’ayant rien repéré d’anormal entre Villeux et Pérouges je me décide pour faire quelques atterros.

Je reviens vers le terrain et emmanche une « vent arrière » basse hauteur. Tiens, y’a le PA28 des Anges (Aneg avec le g à la place du e) qui se prépare, son anticollision éclabousse le gris du paysage (à mes heures poète je suis). Bon, je me dis que j’ai bien le temps de faire quelques kiss.

300ft, je suis dans l’arc blanc, juste avant d’arriver au niveau du bout de piste je sors tous les volets d’un coup et j’attaque aussitôt ma PTU. Tout se passe bien, la trajectoire me semble faite sous inclinaison à peu près constante, ça y est j’arrive dans l’axe juste avant l’entrée de piste, je laisse descendre l’avion tout seul, cool, et je kisslande le gazon. Rentrée totale des volets, pleine sauce, réchauffe carbu sur off et on repart.

J’aime bien redécoller en lisse, il me semble que l’avion pénètre mieux son fluide porteur et qu’il accélère plus librement. Enfin bref, c’est un feeling perso…

180° à droite en laissant l’avion monter naturellement jusqu’aux 300ft qui vont bien, vent arrière « copiée collée » et j’annonce un passage sur la 35. Je remplace ma PTU par un virage descendant que j’espère esthétique, 2700tr/mn et le badin grimpe en même temps que je me tasse d’un petit G supplémentaire sur mon siège.

Bon sang, que cet avion est agréable pour faire cette trajectoire. Je me sens bien, serein, rassuré, assis au milieu de cette aile si caractéristique. 250 au badin, c’est ce qu’il faut pour avaler bien « propre » la bande à moins de 100ft. Voilà le bout de la pelouse, je tire doucement le manche en donnant du roulis à droite pour faire une j’espère jolie trajectoire montante en virage pour réacquérir mes 300ft qui vont bien juste en début de vent arrière. En anglais aéro on appelle le passage, la remontée sur la « vent arrière » étoussa, un « peel off ».
Vent arrière, ça caille vraiment ! Je me dis que j’aurais bien le temps de boire un vin chaud, dommage que je n’ai pas mon thermos avec moi, la prochaine fois je prendrais mes précautions.

Fin de vent arrière et PTU comme décrit quelque paragraphe plus haut, mais à mon avis plus jolie, plus enroulée.

Tiens le piège des anges va au point d’arrêt : j’ai le temps de refaire un « peel off » suivi d’un « complet » comme ils disent tous dans le poste. Moi j’en suis resté aux atterros et aux touch and go, sans annoncer d’option ‘j’y va t’y, j’y va t’y pas. J’annonce par contre des passages, pas des remises de gaz administratives, au moins les gens percutent tout de suite mes vraies intentions.

Où en étais-je ? Ah oui, je touche et je go, revirage en montée pour atteindre 300ft qui vont toujours bien et me cogner un deuxième vin chaud, je pose mon verre sur le siège à coté et je plonge en trajectant pour un second « peel off », voilà, je m’applique en chiadant ma trajectoire. Vrrrrooooouuuummmhhh !

Ma remontée dans le tour de piste basse hauteur est, je l’estime, plus esthétique que la première. Je suis content, donc je m’envoie un troisième verre de vin chaud pour attaquer une dernière PTU que je travaille en voyant 2 billes et 2 pistes, je me demande bien pourquoi. Du coup je ferme un œil et là, ça va !
Kisslanding, roulage, piste dégagée, parking, silence, happy pierre.

Happy landings to all my readers.

Bardix, 09/01/2017